Train Le Cap/Jo’Burg

Jeudi 25 juillet

Le train a roulé toute la nuit. Il y avait quelques courants d’air au niveau de la porte coulissante du compartiment qui me glaçait le visage. De fait je n’ai pas trop dormi et la nuit a été longue. J’ai eu le temps de regarder un film. J’avais l’impression que le train s’arrêtait souvent. Je pense même qu’il a stationné pendant longtemps dans une gare. Dans les longs virages je pouvais sentir mon corps se coller contre la paroi.
Vers 6 heures et demi, un premier service de café m’a réveillé. J’ai passé le tête à travers la porte pour refuser. Puis vers 7 heures rebelote. Nous avions prévu le petit déjeuné dans nos bagages et nous prenons seulement le thé et le café au wagon restaurant.
 
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Le train continu inlassablement sa route à travers la steppe. Grace à un petit transfo que j’avais emmené en voyage, nous pouvons brancher l’ordinateur sur la prise réservée au rasoir électrique. Les filles peuvent ainsi regarder des films sur l’ordinateur, allongées sur la couchette supérieure. 
 
Sydney est passé pour voir si tout était OK et nous dire que nous aurions 90 minutes de retard sur l’horaire prévu. On discute un peu. Il voudrait bien quitter ce boulot qui lui prend beaucoup de temps et qui l’emmène loin de chez lui et de ses enfants pour un salaire pas très important. Mais il lui manque de l’argent pour se mettre à son compte.
Un autre employé vient ôter les draps et les couvertures. La banlieue de Johannesburg approche et les gare deviennent de plus en plus nombreuses. Mais le train ne s’arrête pas.
Le même type de maisons que nous avons vu au Cap réapparaît là. Les barbelés sont les mêmes.
Le train s’arrête en gare centrale. Les escalators sont en pannes. Il faut faire la queue pour sortir et présenter son billet.
Le coin des taxis est un peu à l’écart de la circulation.
Le chauffeur nous raconte qu’il est bientôt en retraite. Certainement à la fin de l’année. Après il ira dans la région du Cap. Il a une ferme avec ses frères. Il fera de l’élevage. Il veut aussi aller en France et s’inquiète du prix du billet d’avion aller-retour pour Paris.
Il nous dépose à l’aéroport devant la centrale de location de véhicules. 
 
Ouf, nous embarquons et sortons de l’aéroport en suivant les indications de l’hôtesse pour quitter Jo’burg en direction de Durban. Facile à dire. Plus compliqué à réaliser. Il nous faut au moins une heure pour sortir de la banlieue et enfin prendre la direction du Drakensberg.
Si bien qu’il fait pratiquement nuit quand nous quittons l’autoroute pour rentrer dans la ville d’Heidelberg et que nous commençons à chercher un logement pour la nuit.
La ville ne possède pas d’hôtels dans la partie basse qui est occupée par les noirs. Par contre il y a une flopée de B&B dans la partie haute qui sont tenus par des blancs. Nous allons de porte en porte pour en trouver un de disponible. Et ce n’est qu’à la nuit noire que nous sonnons enfin chez une dame qui nous propose deux chambres doubles pour 1800 rands soit 150 euros. Un record, mais nous n’avons pas vraiment le choix. Les voleurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit. 
Et demain il fera jour…
 
 

Mercredi 24 juillet

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Départ en train de CapTown station à 10 heures. Le taxi nous prend à 8 h 50 devant l’appartement. Des employés et la police vérifient les billets à l’entrée du quai et interdisent le passage à ceux qui n’en ont pas.
La police patrouille de partout. Dans les couloirs et sur les quais.  Des surveillants privés aussi sont présents. Un employé de la compagnie, Sydney, nous met au courant des problèmes d’insécurité et nous indique les la marche à suivre dans le train pour être tranquille.
Il y a possibilité de déjeuner et dîner dans la cabine comme dans le wagon restaurant. Nous avions prévu les repas et finalement n’utiliserons que très peu ces services.
 
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Nous sommes installés dans un compartiment couchette que nous avions réservé auparavant depuis l’Australie.  Wagon 9 cabine F. Il comporte une table pliante qui cache un petit lavabo. Les sièges ressemblent à ceux qu’il y avait dans les trains il y a trente ans en France. Ils sont confortables et la cabine est suffisamment grande pour quatre passagers. En se baladant dans les couloirs on constate qu’il y a des cabines vides, d’autres sont occupées par des voyageurs sud africains, la majorité est blanche.
Le train a du retard pour partir et les employés s’affairent sur le quai tandis que la police patrouille. Coup de sifflet et drapeau vert levé, le train s’ébranle lentement pour partir à travers la banlieue du Cap.
 
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Petites maisons dans des ensembles bien protégés par des hauts murs et des barbelés surmontés de l’éternel panneau annonçant qu’ils sont électrifiés et que la maison est sous surveillance.Le train s’élance vers les montagnes, puis hauts plateaux désertiques. Arrêt dans quelques villes. La pauvreté est aussi dans ces lieux et les maisons délabrées n’ont rien a envié à celle du Cap.

 
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Les compartiments des voyageurs assis qui vont passer toute la nuit sur leur siège sont à l’avant du train. C’est une majorité de noirs qui les occupent. Pour eux pas de couverture s’ils n’ont pas prévus la leur. En fin d’après midi, un employé vient installer les couchettes et mettre les draps et couvertures. Ils ne sont pas compris dans le prix du billet (200 Rands). Mais ils sont absolument nécessaires car la température est basse depuis notre départ et cela ne risque pas de s’arranger pendant la nuit.
 
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Le paysage est monotone et à part quelques villes dans la campagne le train traverse de longues plaines aux herbes jaunies par l’hiver. Il s’essouffle un peu dans les montagnes et sent le Ferrodo quand il y a une descente. C’est l’occasion pour nous de jouer à des jeux de société et de continuer à apprendre à jouer à la belote à Alice et Gabrielle. Elles commencent à se débrouiller et peuvent jouer ensemble contre nous. Gabrielle adore jouer au Speed et elle y est redoutable.
 
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Le compartiment au bout du wagon est occupé par trois femmes d’environ 55 ou 60 ans. Accoudés aux fenêtres du couloir, je discute avec l’une d’elle. C’est la première fois qu’elle prend le train. Son mari ne veut pas qu’elle prenne de risque car c’est un moyen de locomotion vraiment pas sur. Excepté ce train là. Elle va à Jo’burg pour voir sa sœur. Elle lui fait une surprise car elle ne sait pas qu’elle vient la voir. Bientôt elle ira à Boston. Elle accompagnera son mari qui va courrir un marathon. Ce sera aussi une première de prendre l’avion. Quand je lui explique notre voyage, elle me dit qu’elle ne fera jamais la même chose. Il faut d’abord qu’elle visite son pays qu’elle ne connait pas. 
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